vendredi 19 août 2016

SUITE DE L'INTERVIEW PARUE SUR "BANDE DESSINEE INFO" : LE JUGE

Olivier Berlion (Le Juge - La République assassinée) : "J’ai découvert le combat exemplaire d’un homme au service de la vérité"

Dans les années 1970, un drame judiciaire a bouleversé l’opinion publique, il s’agit de l’assassinat mystérieux du juge François Renaud. Ce fait divers énigmatique n’est toujours pas élucidé de nos jours malgré l’audition de dizaines de témoins. Olivier Berlion a choisi de raconter l’histoire du premier magistrat tué sous la Cinquième République et il a choisi Bande Dessinée Info pour nous en apprendre plus sur cet ambitieux projet.
 
Votre passé lyonnais vous a-t-il poussé à raconter ce fait divers ?
Olivier Berlion : Oui, car j’ai vécu une grande partie de ma vie dans cette ville et ces faits ce sont déroulés au cours de mon enfance. Mais j’étais plutôt passé à côté sans vraiment approfondir le sujet. Et puis m’ont père m’a raconté, il y a quelques années, qu’il avait joué au rugby au début des années 60 avec celui qui fut déclaré « assassin présumé » du juge Renaud. Mon père l’avait perdu de vue après que celui-ci ait glissé peu à peu vers le banditisme. Il a appris sa mort, comme tout le monde en 76 au cours d’une tentative d’arrestation musclée sur laquelle de nombreux doutes planent encore. Toujours est-il qu’après cette mort, l’enquête sur la mort du juge Renaud s’est arrêtée.
Cette histoire m’a interpellé et je me suis plongé dedans. Mon choix a été de me mettre derrière le point de vue du juge et de retranscrire ses dernières années le plus justement possible.
 
 
Ce fait divers vous a marqué semble-t-il, d’où la nécessité d’en parler ?
Olivier Berlion : Ce n’est pas un fait divers. François Renaud était premier juge d’instruction à Lyon et il a été abattu dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, bien qu’on ait toujours essayé de faire croire le contraire... Un mari jaloux, un voyou revanchard... mais ces thèses rocambolesques ne tiennent pas une minute lorsqu’on analyse les faits sérieusement.
En consultant tout ce qui avait été écrit sur cette affaire, j’ai découvert le combat exemplaire d’un homme au service de la vérité, l’essence de son métier. Et la vérité sur sa mort, elle, n’a jamais été faite. C’est une faillite judiciaire hallucinante. Maintenant les faits sont prescrits et plus personne ne peut être inquiété.
Ce qu’on pourra découvrir en lisant la reconstitution que je fais de ses dernières années jusqu’à son assassinat, c’est que ce qu’il cherchait à élucider était un tabou absolu, à savoir que peut-être des hommes proches du pouvoir étaient en collusion avec des braqueurs de banques, pour financer des campagnes électorales. On ne saura jamais s’il avait raison, mais le doute persiste malgré toutes les tentatives, depuis, pour tenter de justifier sa mort en mettant en cause sa vie privée, son côté provocateur, etc...
Ne fut-il pas difficile de rendre ce personnage bien réel comme un personnage de BD à part entière ?
Olivier Berlion : Le juge est déjà un héros de BD par son caractère et les valeurs qu’il défend. Il a un passé très intéressant et il ne possède pas l’image d’un juge telle qu’on l’entend. C’est un homme qui aime la vie et les femmes et son passé de résistant de la première heure lui confère une dimension héroïque indiscutable. Mais ce qui fait de lui un personnage unique c’est son courage face au milieu et sa recherche de la vérité quoi qu’il arrive. Enfin, même lors de son meurtre, il fait preuve d’une témérité à tout épreuve qui prouve qu’il est un sacré bonhomme.
 
Ce fait divers étant un peu daté, n’avez-vous pas eu peur que le public ne sois pas au rendez-vous ?
Olivier Berlion : Je ne me pose pas la question, pour être honnête, l’important à mes yeux est d’être sincère lorsqu’on parle d’un sujet. Pour cette série je me suis énormément documenté, j’ai mangé et dormi avec le juge afin que mon intrique soit la plus aboutie possible.
 
Avez-vous beaucoup travaillé avec le fils du juge Renaud pour réaliser cette série ?
Olivier Berlion : Ma collaboration avec lui fut assez courte car je voulais faire mon œuvre et ne pas retranscrire le point de vue du fils sur la mort de son père. J’ai choisi de le contacter pour l’avertir de mon souhait de faire un album sur son père. Il est le seul de l’entourage du juge que j’ai contacté, ma démarche l’a touché. Il a pu apporter des anecdotes intimes, mais il n’est pas intervenu sur la structure de l’histoire. D’ailleurs, il m’a confié qu’après avoir lu l’album, il avait retrouvé le père qu’il avait connu, ce qui est pour moi une réussite.
 
Le fait de choisir de centrer l’histoire sur l’homme et non sur le personnage permet-il d’aborder l’histoire différemment ?
Olivier Berlion : J’ai perçu à travers mes recherches de documentation que c’était un mec bien, et j’avais envie de faire un travail de réhabilitation pour ceux qui l’ont connu et aimé. Une de mes motivations, c’est ma perception de l’histoire sur cette affaire. Et comme l’histoire n’a pas retenu la même chose, il me fallait en parler.
Le second challenge était de ne pas commettre d’erreur chronologique, même pour les parties romancées. J’ai tenu à ce que ce soit crédible. Les retours des personnes ayant bien connu l’affaire sont bons, ce qui apporte de la crédibilité à mon travail sur ce scandale judiciaire.

mercredi 10 août 2016

Interview d'Olivier Berlion et de Marc Omeyer

Voici une interview parue il y a quelques jours sur le site "bande dessinée info" :

Olivier Berlion et Marc Omeyer (L’Art du crime) : "Notre désir était que chaque album ait la richesse d’un roman et l’impact émotionnel et sensoriel d’un film"


Olivier Berlion est un auteur ô combien prolifique avec une bibliographie considérable. Il revient en 2016 avec L’Art du crime, une ambitieuse nouvelle saga chez Glénat et poursuit son triptyque judiciaire chez Dargaud avec Le juge.

Avant de nous pencher sur votre actualité, j’aimerais savoir si le polar est le style dans lequel vous êtes le plus à l’aise ?
Olivier Berlion : Le polar est pour moi un style automatique qui m’inspire énormément. L’intérêt de ce genre à mon sens est qu’il oblige l’auteur à mettre les personnages en mouvement, à raconter une mutation qui s’opère au fil du récit.
 
N’avez vous pas peur de vous enfermer dans ce style ?
Olivier Berlion : Absolument pas, car la grande force du polar c’est qu’on peut le retranscrire à travers toute l’Histoire et pour tous les publics, comme j’ai pu le faire avec Sales Mioches chez Casterman en adaptant ce style pour un jeune lectorat.
 
Y’a-t-il un style qu’il vous plairait d’aborder dans un prochain album comme le western ou encore l’heroic-fantasy, que ce soit à l’écriture ou au dessin ?
Olivier Berlion : Très sincèrement, je ne pourrai dire car le polar est vraiment le domaine où je me sens le plus à l’aise. Et d’aventure, si je devais m’orienter vers un genre différent, il y aurait toujours du polar en trame de fond. En ce qui concerne le western, j’ai fait une sorte de tentative avec Le Kid de l’Oklahoma, mais c’était du polar. Et je ne me risque pas à un western "traditionnel" car j’ai du mal à dessiner les chevaux (rires).
J’aimerais sincèrement revenir à la bd jeunesse, car je trouve que c’est le lectorat le plus naturel. En effet, leur sincérité et leur passion me motivent à faire des albums. Cela en devient presque une frustration, car mon dernier projet jeunesse remonte à 2012.
 
Enfin, exceptés L’Art du crime et Le juge, quels sont vos futurs projets ?
Olivier Berlion : J’ai plusieurs choses en préparation, mais rien d’officiel car rien n’est signé. Il s’agit d’un polar pendant la prohibition et d’un éventuel retour de Tony Corso.
 
 
Vous signez la nouvelle série ambitieuse de chez Glénat, ce projet est en réflexion depuis combien de temps ?
Olivier Berlion : L’idée initiale est née lors de ma rencontre avec Marc Omeyer lors d’un festival à Valence. Il m’a raconté ses histoires, et j’ai vu qu’on pouvait en faire des albums. Les histoires de la série ont résulté après six mois de correction.
Marc Omeyer : L’Art du Crime est né de notre rencontre au Festival des scénaristes de Valence en 2012. Entre nous, le courant est passé tout de suite et très vite nous avions déjà les deux premières trames et la ligne éditoriale. À partir de là, nous avons voulu travailler tous les récits en amont, pour présenter aux éditeurs un projet solide et cohérent. Dès le début, notre focus était d’aller au bout de notre écriture, des thématiques propres à chaque art, de la vérité des personnages. Et de le faire dans une narration attractive et fluide. Le plaisir et l’exigence... Puis en 2013 l’arche narrative a évolué, avec l’importance du personnage de Rudi et la mise en place de « l’histoire au-dessus de l’histoire ». C’est vraiment à cette date que le projet a pris toute sa dimension. Avec Glénat nous voulions respecter un rythme de parution de deux albums tous les six mois. Nous avons donc peaufiné les découpages de chaque album et les dessinateurs ont commencé eux aussi à entrer dans l’aventure.
 
Une série aussi longue n’est il pas un risque dans le climat éditorial actuel ?
Olivier Berlion : Absolument, c’est un risque ! Surtout que Marc et moi voulions neuf tomes ou rien. Puis après plusieurs prise de contact avec divers éditeurs, Glénat fut le plus réactif, de plus j’avais une réel volonté de travailler avec eux depuis Histoires d’en Ville.
Plus précisément, nous avons vendu le projet à Glénat sur l’accroche "neuf arts, neuf crimes, neuf histoires". L’idée était de souligner que chaque album était indépendant. C’est dans un second temps qu’est venue l’arche qui apportera une dimension vraiment unique à L’Art du Crime, une sorte d’architecture qui va permettre à tous les morceaux du puzzle de s’emboiter. Les lecteurs en découvriront plus au tome 5, l’album sur le cinéma, qui sera un tome charnière. Mais l’ensemble se révélera pleinement au tome 9 consacrée à l’audiovisuel, et surtout... à Rudi.
 
 
Le choix des auteurs participant est-il le vôtre ? Et ces auteurs ont ils été difficile à convaincre ?
Olivier Berlion : Oui et non, nous voulions travailler avec certains, mais ils n’étaient pas libres. Après, c’est l’éditeur qui nous a communiqué une liste. Mais nous sommes ravis de notre collaboration avec eux. Les auteurs ont été séduit par la série car c’est un challenge autant pour nous que pour eux.
Ils ont pour mission de concevoir une couverture évoquant un art mais sans pouvoir le nommer et de respecter un rythme éditorial prédéfini.
Chaque auteurs est averti au préalable sur l’architecture d’ensemble de l’histoire, tout en gardant une grande liberté dans ce scénario puissant et riche. Je pense que c’est cette liberté qui leur à plu, puis nous nous sommes adaptés selon l’auteur.
 
Avez vous eu un droit de regard ou des envies sur les dessinateurs participants à la série ?
Marc Omeyer : Oui bien sûr ! Nous avons la chance d’avoir toutes les clés créatives du projet. Nous en sommes les maitres d’oeuvre. Et l’entente avec Franck Marguin et toute l’équipe Glénat nous permet d’être associés à toutes les décisions concernant le projet. Un point important pour la cohérence.
 
Le premier tome débute avec le Neuvième Art, était-il important de promouvoir celui-ci en premier ?
Olivier Berlion : Oui car dans l’histoire la BD va rendre hommage aux autres arts, notamment à la fin. Et il était important pour moi en passionné depuis toujours par ce média de le mettre en avant. Personnellement la bande dessinée a changer ma vie, je tenais à la mettre sur le même pied d’égalité que des arts plus anciens et "prestigieux" selon l’inconscient collectif. Mais la véritable question sous-jacente de la série est "qu’est-ce que l’art ?" Avec notre réponse à la fin.
Marc Omeyer : Oui, l’idée était de mettre la BD à l’honneur, d’en faire pour une fois le premier des arts. Notre désir était que chaque album ait la richesse d’un roman et l’impact émotionnel et sensoriel d’un film, le tout en 46 pages. Un défi un peu fou mais nous savions tous deux justement à quel point la BD par son langage propre est un médium infini. Elle permet d’exprimer à la fois les moindres nuances du coeur humain, elle peut provoquer des sensations de lectures intenses. Et puis faire de la BD le premier des arts était tout simplement logique dans la perspective de Rudi, car tout commence par la quête de cette BD culte des années 40, La Piste de Mesa Verde, qui a un rôle central dans le tome 1.
 
 
Le personnage de Rudi est la pierre angulaire de l’histoire. Pourtant il est à peine évoqué dans le tome 2. Pouvez-vous nous en dire plus sur son rôle dans les prochains albums ?
Olivier Berlion : Je ne peux rien dire sans dévoiler l’intrigue (rire), mais son apparition dans le second tome est une concession avec l’éditeur car à la base il n’apparaissait pas. Après réflexion avec Marc nous sommes dit qu’il serait un lien entre chaque album.
 
Ce travail à deux au scénario, vous permet-il une plus grande liberté ?
Olivier Berlion : Ce n’est pas la première fois que je travail ainsi, ce fut le cas notamment sur La Lignée chez Grand Angle. Mais je dois dire que ma collaboration avec Marc est d’une complémentarité extraordinaire. Il a su utiliser son expertise pour le côté cinématographique de la série, quant à moi il m’a laissé libre pour mon tome sur le découpage par exemple. C’est une collaboration sans compromis, on a réécrit jusqu’à huit versions de certaines histoires. L’Art du crime, c’est la complémentarité totale sur une histoire qui nous échappe presque...
Marc Omeyer : La liberté nous la prenons dans les phases individuelles de réflexion, dans nos approches respectives de ces récits. L’écriture en duo apporte surtout à la fois une exigence supplémentaire et aussi l’énergie pour aller au bout de ce projet, qui demande un immense investissement. Être deux est une force, il y en a toujours un pour garder le cap et tenir le flambeau de notre ambition initiale. Et puis il y a Rudi, qui nous guide...

jeudi 9 juin 2016

L'ART DU CRIME : LA PRESSE EN PARLE (4)

Encore une belle critique pour "L'Art du Crime", cette fois-ci publiée sur le site "bande dessinée info" :
 
Chronique L'Art du Crime T1 : Planches de sang (Marc Omeyer et Olivier Berlion) - Glénat


Avec L’Art du Crime, les éditions Glénat se lancent dans une nouvelle série fleuve se déroulant à travers neuf tomes. Cette saga remarquable va s’orienter entre autour de neuf disciplines artistiques, neuf crimes, et donc neuf histoires. Chaque tome fera en effet l’amalgame entre l’art mis en avant et une histoire policière prenante. Pour maintenir un rythme d’édition soutenu, chaque tome sera exécuté par un dessinateur différent, le scénario quant à lui restera assuré par Olivier Berlion et Marc Omeyer. C’est d’ailleurs Olivier Berlion lui-même qui débute la série au dessin avec, comme art exposé, la bande dessinée.
L’histoire en deux mots :
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L’Art du Crime T1 (Marc Omeyer et Olivier Berlion) - Glénat
Nous sommes en 1939 dans l’Amérique profonde quand un enfant découvre un mystérieux comic près de chez lui. Ce comic va exercer une sorte de fascination chez le garçon et l’accompagner tout au long de sa vie, que ce soit en 1950 alors qu’il est incarcéré, ou en 1970 où l’histoire débute véritablement.
En 1972, la jeune saisonnière Nora Hattaway reçoit un courrier accompagné de l’étrange bande dessinée lui ordonnant de se rendre à New York. Elle retrouvera son expéditeur assassiné sauvagement. Tandis qu’une une vague de meurtres violents secoue la capitale des États-Unis, John Stoner alias Snail, un policier particulièrement doué et appliqué va découvrir un lien entre ces assassinats et l’énigmatique fascicule. Il va s’ensuivre une enquête haletante mêlant la traque d’un tueur sanguinaire et la découverte du secret qui entoure l’album sans fin.

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Planche extraite - L’Art du Crime T1 (Marc Omeyer et Olivier Berlion) - Glénat
Le scénario :
L’histoire peut sembler un peu obscure de prime abord, tant il y a des ellipses au début du récit. Pourtant, ce premier tome de la saga est très riche à tous points de vue, tout d’abord sur la description des personnages. De plus, les auteurs parviennent parfaitement à rapporter les ambiances et les environnements du récit . D’ailleurs les scénaristes ne se contentent pas d’exploiter uniquement la psychologie du tueur. Ils font la part belle à chaque personnage et les développent parfaitement, que ce soit Mona avec sa quête d’identité ou encore Snail avec son comportement philanthropique et son sens aigu de déduction.

Le dessin :
Olivier Berlion nous livre un album très abouti, il a su à merveille retranscrire les ambiances des environnements présents dans le tome. L’auteur fait preuve d’une habilité incroyable pour dépeindre un New York sordide et éblouir le lecteur par sa réalisation des déserts du Colorado . De plus, son graphisme fait rejaillir parfaitement les émotions des personnages,qu’ elles paraissent presque tangibles.
Le trait d’Olivier Berlion est sublimé par la mise en couleur fabuleuse de Christian Fravelle qui livre ici un excellent travail.
Le dessinateur a su apporter à son trait une ambiance très polar avec l’utilisation d’aplat noir fréquent qui immerge le lecteur dans cette traque sanglante.

Le premier tome de l’art du crime établit les bases d’une série qui a tout pour tenir en haleine le lecteur. Le sujet est remarquablement maitrisé et l’ambiance graphique nous donne envie de découvrir les liens avec les arts décrit au dos de l’album.

mardi 7 juin 2016

LE JUGE tome 2 : LA PRESSE EN PARLE (2)

La critique culturebd :

Le juge Renaud a gagné son surnom de shérif dans la ville de Lyon, surnommée Chicago-sur-Rhône. Alors qu’il enquête sur le casse du siècle, il finira par payer son indépendance et sa droiture, de sa vie. Sa biographie en BD se lit avec attention et vif intérêt.
En 1973, Jean Augé, parrain de la pègre lyonnaise, se fait serrer avec de l’héroïne à bord d’un bateau. Il organise une hécatombe dans le milieu pour faire le ménage et empêcher les « causeux » de trop de la ramener. Le juge Renaud, lui, continue son enquête sur les différents hold-up lyonnais susceptibles d’être en lien avec le casse du siècle, celui de Strasbourg en 1971.
Le Juge, La Pépublique assassinée T.2
 
Ce deuxième opus s’attache plus dans l’enquête à proprement parler, dont le déroulé suis tous les ingrédients d’un bon polar noir. Le scénario réaliste met en lumière les liens que tissent pègre, politiques et entrepreneurs... tout en posant les jalons du funeste 3 juillet 1975. Avec son souci de réalisme et sa narration qui colle aux pas du juge, cette série BD n’est pas sans rappeler certains plans du Juge Fayard dit Le Shériff, film de 1977, aussi inspiré de la vie de François Renaud.
Le récit prenant conjugue informations complexes et denses sur la nébuleuse dangereuse qui entoure de plus en plus le juge Renaud. Bien que moins présente que dans le premier tome, la vie privée du magistrat n’est pas oubliée pour autant, posant parfaitement le caractère cet homme intègre aux méthodes particulières.
Pile dans un style qu’on pourrait qualifier de docu-fiction, le trait réaliste et les reconstitutions des lieux de l’époque font merveilles. Malgré les nombreux moments de conversation et les scènes statiques, on ne s’ennuie pas une seconde tant l’atmosphère rend parfaitement le côté polar politico-financier.
Ce deuxième tome complexe décrit parfaitement une sale affaire française.
 

mercredi 11 mai 2016

LE JUGE tome 2 : LA PRESSE EN PARLE (1)

L'article ci-dessous a été publié sur le site "sceneario" à l'occasion de la parution du second volet du Juge : "Le gang des Lyonnais".

 

Résumé de l'album Le Gang des Lyonnais

30 juin 1979, 9 heures du matin, sept à huit malfaiteurs, lourdement armés, pénetrent dans l'hôtel des postes de Srasbourg et s'emparent de plus d'1 milliard de centimes. En moins de sept minutes, ils ont disparu de la circulation. C'est le Casse du siècle !
Le juge Renaud écoute un de ses collègues qui lui fait part de son analyse. Pour lui, ce n'est pas possible que ces voleurs gardent tout cet argent. Ils ne peuvent pas le conserver et ne peuvent pas non plus le réintroduire comme ça dans les circuits financiers. Pour lui, cet argent va être reinjecté quelque part. De plus, Renaud pense que ce braquage est le premier d'une longue série ! Et un casse qui se déroule comme ça, sans vraiment de violence, aussi rapide et préparé, avec un bon réseau d'informateurs, cela ne peut être que le SAC...
                                                             

Notre avis sur l'album Le Gang des Lyonnais

Dès le premier tome de cette trilogie, concernant l'affaire du juge François Renaud, on s'aperçoit que Berlion s'est lancé dans une grande série d'envergure, une série qui va faire parler d'elle et qui marquera le petit monde du neuvième art.

Avec Le gang des Lyonnais, Berlion nous place comme témoin de cet exceptionnel braquage de l'hôtel des postes de Strasbourg que l'on qualifiera de Casse du siècle.
Puis, nous retrouvons le juge, dit le Shérif, dans ses enquêtes, ses affaires, mais aussi dans sa vie familiale et un peu amoureuse. Le juge est un homme qui n'a pas peu de faire son travail, on le comprend lorsqu'il revient sur un des evenements qu'il a vécu pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il le dit lui-même que depuis, il est en sursis.
Berlion fait un incroyable travail de recherches, sur la période, sur les faits, sur certains des protagonistes. C'est un vrai travail d'investigation. Son récit est tout simplement passionnant. On ne lit pas ce récit, on le vit ! On est au côté du juge, on sent l'odeur de la poudre quand le Milieu règle ses affaires.
Il n'y a rien à redire sur le scénario de Berlion.

Et côté dessin, c'est du bel ouvrage aussi. Sa mise en scène est efficace. Tout fonctionne à la perfection. Il nous replonge dans le début de ces années 1970. Certains lecteurs peuvent y retrouver cette période avec une certaine nostalgie.
Il rajoute de l'émotion dans les expressions des personnages. A bien faire ressortir les pensées du juge, juste grâce à son regard.

A la fin de  ce livre, vous trouverez un dossier de photos du juge qui retracent sa vie et qui sont commentées par son fils Francis. Tout cela reste très interessant et instructif.

Le Gang des Lyonnais se termine par un sacré coup de théatre qui nous indique ce qui attend le juge Renaud, mais surtout, qui nous donne envie de vite lire la fin.
Berlion signe un album étonnant et passionnant, il rend justice à ce juge que l'on nomma le Shérif !
 

Par , le

jeudi 5 mai 2016

L'ART DU CRIME : LA PRESSE EN PARLE (3)

Voici un nouvel article consacré au tome 2 qui vient de paraître, publié par le site ligne claire info :

L’Art du crime T2, le paradis de la terreur avec Eric Stalner

Voici le tome 2 d’une série atypique en neuf albums, L’Art du Crime qui a été mis en cases par Olivier Berlion et Marc Omeyer. Un crime par art majeur, Eric Stalner dans Le Paradis de la terreur raconte l’histoire d’un peintre qui ira au bout du pire pour trouver l’inspiration et la garder. Un épisode particulièrement dramatique où les talents conjugués des scénaristes et du dessinateur donne un album très réussi.
L'Art du crimeA Paris, en 1860, se faire une place dans le milieu de la peinture n’est pas simple. Même quand comme Hippolyte on a un ami riche et au nom connu, son ami d’enfance Maxime. Hippolyte rencontre Émilie dont il tombe amoureux. Ses œuvres sont refusées dans toutes les galeries. Une nuit Émilie est tué sous les yeux d’Hippolyte qui peint à chaud un tableau qui impressionne les critiques, porté par la violence du meurtre.  L’inspecteur Montfort, lui, chasse les voleurs et bientôt un mystérieux assassin. A chaque crime, une toile. Hippolyte est pris au piège de sa peinture malgré l’amour d’Émilie.
Si on comprend de suite le parcours intellectuel et meurtrier d’Hippolyte, Omeyer et Berlion ont su ménager le suspense jusqu’au bout. Quel sera le destin d’Hippolyte dont la capture obsède le policier Montfort ? Rebondissements, tourments d’une âme noire mais investie par un talent qui se nourrit du sang des autres, Hippolyte a du Dracula en lui. Et Eric Stalner toujours ce dessin réaliste au trait si reconnaissable, en finesse et pourtant puissant qui s’exprime particulièrement bien dans les ambiances noires comme celles de ce terrifiant paradis. Une série qui s’affirme.